samedi 24 mars 2012

Si l’externalisation n’intègre pas le social et l’humain, elle ne sera pas



Je fais suite au colloque de l'Institut Esprit Service, qui s'est tenu au MEDEF aujourd'hui, et à mes trois billets précédents sur cette thématique :
- "La dimension sociale de l'externalisation",
"Externalisation : quid de la dimension humaine ?",



La conférence était d'un excellent niveau au même titre que la qualité des 8 orateurs présents sur l'estrade (dont deux anciens collègues) et de l'animateur, Eric Fimbel, conseiller scientifique de l’Institut Esprit Service, professeur à Reims Management School et chercheur au LIRSA (Cnam Paris).

Pour quelques photos et morceaux choisis de la conférence en 140 caractères : suivez mon fil Twitter @ThomasChardin ou recherchez le hashtag #IES

Deux verbatims que j'ai bien aimés :
- "Le succès de l'externalisation passe plus par la qualité d'une relation subjective client/prestataire que par le respect strict du contrat",
- "Dans le cadre de l'externalisation le juridiquement parfait est parfois humainement exécrable"


J'ai moins bien aimé :
- L'absence de témoignage de clients de l'externalisation. Même s'il n'y avait pas de langue de bois, 100% de témoins prestataires donne une coloration un peu monolithique au sujet.

Et deux sujets majeurs ne me semblent pas avoir été traités ou même abordés lors de la conférence :
- la dégradation des conditions d'emploi liée aux pratiques d'externalisation. La question est venue de la salle après 1h30 de conférence : quid de l'éventuelle précarité pour les salariés transférés chez un prestataire aux conditions d'emploi ou de rémunération moins favorables ? 
- la destruction d'emploi. Ce point n'a jamais été évoqué ! Est-ce à dire qu'il n'existe pas ? Et si tel était le cas, au regard de la connotation négative du mot même d'externalisation et de ce qu'il cristallise de négatif pour tout salarié, pourquoi ne pas avoir levé l’ambiguïté ?
Cette lacune est d'autant plus surprenante qu'il nous a été précisé à plusieurs reprises que la défiance des salariés envers l'externalisation nécessitait une communication sincère et régulière, un dialogue et un discours de vérité.  

Si non, il y avait de très bons échanges, dont vous retrouverez l'essence dans la dernière publication de l'Institut Esprit Service intitulée justement "La dimension humaine de l'externalisation" et qui a été rédigée par les adhérents de l'Institut.


Cette présentation remet en perspective la crédibilité du sens et les bonnes pratiques managériales et sociales requises pour mener à bien ce type de projet. Voici un extrait du sommaire :
- Ingrédients d’une externalisation réussie
- Retour aux fondements de l’externalisation
- Cadre juridique de l’externalisation
- Ingénierie sociale au service de l’externalisation
- Volontariat et intégration des personnes


Et pour vous donner encore le goût du fruit, en voici les premières lignes :

"Le thème de l’externalisation est au coeur des préoccupations des entreprises et des acteurs publics dans un contexte européen de profonde mutation et de recherche d’efficience et d’efficacité. Cependant, la seule évocation du mot « externalisation » entraîne sinon dans les cas extrêmes une levée de boucliers ou du moins des interrogations fortes, notamment en France, de la part des 
acteurs économiques et sociaux. « Face à la perception d’une menace existentielle, tout organisme vivant engage des stratégies de protection et de riposte » comme le souligne Eric Fimbel. La question du sens de l’externalisation est fondamentale. La mise en valeur de ses différences avec la sous-traitance ou la délocalisation, l’offshore ou le nearshore, l’est également. L’externalisation de fonctions et de services est un modèle stratégique qui s’appuie sur des règles précises de management et le recours à des bonnes pratiques sociales, qu’il y ait ou non transfert de personnel. La dimension humaine prend une part prépondérante dans ce type de projet, car elle est souvent considérée comme un frein à la décision ou un facteur de risque dans le bon déroulement des opérations. [...]"




Bonne lecture. Bonne réflexion. A vos commentaires...

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